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Consulter un médecin du sport est-il réservé aux sportifs ?

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Consulter un médecin du sport est-il réservé aux sportifs ?

On associe souvent la médecine du sport aux athlètes de haut niveau. Pourtant, elle s’adresse aussi bien aux personnes pratiquant une activité physique régulière ou occasionnelle qu’à celles qui n’en pratiquent pas du tout. Le docteur Régis Coudert nous éclaire sur une spécialité qu’il exerce depuis plus de dix ans et qui va bien au-delà du cadre sportif. MonacoSanté vous informe.

Son rôle et sa spécialité

Contrairement aux idées reçues, les patients qui consultent un médecin du sport présentent des profils très variés. Apparue dans les années 1950, cette spécialité médicale s’intéresse à l’appareil locomoteur dans son ensemble, et plus particulièrement aux structures ostéo-articulaires. Spécialiste en médecine du sport, le docteur Régis Coudert. est également diplômé en échographie de l’appareil locomoteur, en médecine manuelle ostéopathie et en mésothérapie. En Principauté, il intervient notamment auprès des jeunes footballeurs de l’AS Monaco Academy et exerce au sein de l’IM2S, l’Institut Monégasque de Médecine et de chirurgie du Sport, la clinique du sport. « On pense souvent que l’on consulte un médecin du sport uniquement après s’être blessé lors d’une activité physique. Si nous sommes effectivement formés pour prendre en charge des athlètes soumis à des contraintes musculaires, tendineuses et articulaires spécifiques, une grande partie des patients que je reçois à l’IM2S ne viennent pas dans le cadre d’un accident sportif. Nous nous situons à mi-chemin entre le médecin généraliste et le chirurgien orthopédique, » analyse le docteur Coudert. Les motifs de consultation concernent aussi bien les os que les articulations, les muscles ou les tendons. De nombreux patients viennent pour des douleurs chroniques ou aiguës, d’origine traumatique ou non. Dos, hanches, genoux, chevilles, épaules : c’est l’ensemble du corps qui peut être concerné. « Ces consultations font également suite à des accidents domestiques ou du travail, notamment chez des travailleurs manuels par exemple, poursuit-il. Ils cherchent alors des solutions adaptées à leurs pratiques professionnelles, à leur activité physique, mais aussi aux douleurs liées à la vie quotidienne. »

Prévention, santé et bien-être

Pour les sportifs amateurs, les débutants et les non-pratiquants, la consultation d’un médecin du sport peut s’avérer particulièrement précieuse. Celui-ci dispose en effet d’un large panel de traitements et de prises en charge permettant de débuter ou de poursuivre une activité physique de manière progressive, adaptée et sécurisée. « Lors de l’examen clinique, je réalise des tests spécifiques à la zone douloureuse, mais également une évaluation globale de la personne, à la fois posturale et musculaire. Le regard du médecin du sport est essentiel pour identifier d’éventuels anomalies morphologiques, déceler des déficits ou déséquilibres de force ainsi que des problèmes posturaux. » Un examen échographique peut être réalisé lors des consultations afin de permettre de visualiser de manière plus précise les tissus, notamment les muscles, les tendons et les ligaments. Grâce à des adaptations ciblées et au renforcement musculaire, le docteur Régis Coudert encourage les patients à ne pas renoncer à l’activité physique. « Je donne des indications personnalisées : pour la reprise du sport, le travail de renforcement musculaire, et comment stabiliser et soulager une articulation. L’objectif étant de maintenir une activité adaptée et en limitant les nouvelles contraintes articulaires. » La prévention occupe également une place centrale. « On peut consulter avant même de commencer une activité sportive, car c’est souvent au moment de la reprise que l’on se blesse », prévient-il. L’activité physique est par ailleurs fortement recommandée dans la lutte contre le cancer, l’obésité, les pathologies chroniques ou cardiovasculaires. « Bien souvent, les patients ne savent pas comment s’y prendre. La consultation permet justement de les guider », souligne-t-il.

Du jeune enfant à la personne âgée

En dehors des sportifs de haut niveau et sportifs amateurs, sa patientèle peut débuter dès l’âge de 5 ans. Les consultations concernent alors le plus souvent des douleurs ou des pathologies liées à la croissance. « Comme une traction sur un os qui n’est pas encore totalement mature et solide. Elles se manifestent par des douleurs osseuses liées à l’activité, à la marche ou à la pratique sportive, au niveau du talon d’Achille ou des genoux par exemple. Les enfants peuvent également présenter des tendinites, des lésions ligamentaires ou musculaires. » Au-delà de l’enfant et de l’adolescent, le médecin du sport prend également en charge des patients âgés avec l'objectif de maintenir une activité physique le plus longtemps possible. « Avant d’envisager une chirurgie, nous tentons un maximum de traitements et de solutions thérapeutiques. Là où le rhumatologue s’intéresse davantage aux pathologies inflammatoires chroniques, le médecin du sport traite avant tout celles qui sont mécaniques. Cela inclut notamment l’arthrose, liée à une usure progressive du cartilage, ainsi que d’autres dégénératives. » Le médecin peut également orienter les patients âgés vers des kinésithérapeutes, afin de rééduquer, renforcer et maintenir un niveau musculaire suffisant.

Blessures, récupération et reprise

Si l’examen clinique constitue la première étape pour identifier et comprendre une pathologie, le docteur Régis Coudert s’appuie sur un panel thérapeutique complémentaire. Il utilise également la mésothérapie, qui consiste en des injections cutanées d’anti-inflammatoires sur les zones douloureuses, ainsi que la médecine manuelle ostéopathie. Une machine à onde de choc focale est un outil parfois nécessaire pour traiter une pathologie tendineuse ou osseuse. Dans certains cas de lésions tendineuses ou cartilagineuses, liée à l’arthrose par exemple, les médecins du sport peuvent aussi recourir à des infiltrations de plasma riche en plaquettes (PRP) ou d’acide hyaluronique. Après une blessure, l’accompagnement de la reprise d’une activité physique est primordial. Les critères varient en fonction de la pathologie. « Nous sommes prudents et progressifs. Si une blessure est survenue, c’est souvent parce qu’il existait un déficit de force ou des contraintes que le muscle n’était pas en mesure de supporter. Il faut donc s’assurer que le patient ait retrouvé une puissance au minimum équivalente, voire supérieure à celle d’avant la blessure, afin de pouvoir à nouveau supporter les contraintes musculaires. » Cette récupération est validée par l’examen clinique, l’imagerie médicale ou des tests de force. « À la clinique, nous disposons notamment d’une machine de tests isocinétiques, qui permet de mesurer précisément la force musculaire des cuisses, des épaules ou du dos. » Que l’on soit sportif aguerri, amateur occasionnel ou non, consulter un médecin du sport permet avant tout d’avoir une prise en charge diagnostique et thérapeutique optimale. Une approche globale et transversale, accessible à tous les âges, pour prévenir les blessures, soulager les douleurs et continuer à bouger durablement.