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Origine, symptômes et traitements :  La cinquième maladie décryptée

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Origine, symptômes et traitements : La cinquième maladie décryptée

Cette infection contagieuse, mais souvent asymptomatique, touche principalement les enfants de 4 à 10 ans. Chez les adultes, elle peut se révéler dangereuse chez les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées ou celles atteintes de certaines formes d’anémie. MonacoSanté vous informe.

Incubation, contagiosité et immunité

Mégalérythème épidémique, parvovirus B19, maladie des joues giflées : trois appellations pour une même pathologie éruptive de l’enfant, plus connue sous le nom de cinquième maladie. Cette dénomination s’explique par sa place dans la liste des infections provoquant le plus fréquemment une éruption cutanée chez l’enfant, après la rougeole, la scarlatine, la rubéole et le syndrome de la peau ébouillantée, tandis que la roséole occupe la sixième position. « Le parvovirus B19 est à l’origine de cette infection qui se traduit par une éruption cutanée, notamment sur les joues. Mais elle peut aussi passer totalement inaperçue. Sa phase d’incubation dure de 4 à 21 jours, ce qui lui confère une forte contagiosité car le patient transmet l’infection avant même que la maladie ne se manifeste », explique le docteur Barbara Macchi Lam, médecin généraliste à Monaco. Le patient reste également contagieux pendant la première phase de la cinquième maladie, durant laquelle apparaissent seulement des symptômes proches de ceux d’un rhume ou d’une grippe. En revanche, il ne l’est plus lorsque l’éruption survient. Cette affection se transmet par des gouttelettes respiratoires en suspension dans l’air (toux, éternuements, postillons), mais aussi par contact avec des objets contaminés ou les mains d’une personne infectée. « Chez les plus petits enfants cela peut se transmettre par l'échange des tétines », précise le médecin.

Des infections au printemps et à l’automne

Selon les données de Santé Publique France, les cas se sont multipliés dans l’Hexagone entre 2023 et 2024. Une tendance qui rejoint les observations du docteur Macchi Lam, installée en Principauté depuis trois ans, et qui a reçu de nombreux patients infectés durant cette même période. La maladie touche principalement les enfants âgés de 4 à 10 ans mais aussi les adultes non immunisés. « Les infections surviennent surtout lors des intersaisons, au printemps et à l’automne. La bonne nouvelle, c’est qu’une fois contractée, la maladie confère une immunité durable », précise le médecin. On estime qu’environ 50 % des jeunes adultes ont déjà été infectés, parfois sans le savoir, car la contamination n’entraîne pas toujours de symptômes. « Chez certains patients, les manifestations se traduisent par des rougeurs sur les joues, de la fièvre et des éruptions cutanées sur les bras, les jambes et le tronc. » Dans environ 15 % des cas, ces plaques causent des démangeaisons. « Au niveau des mains et des pieds, de petites taches rouges qui ne disparaissent pas à la pression, appelées purpuras, peuvent également apparaître. On peut aussi ressentir des douleurs articulaires aux mains, poignets et genoux », poursuit la professionnelle de santé. Une maladie parfois méconnue du grand public, facilement confondue avec les effets des premiers rayons de soleil. « Une maman est venue en consultation pour son jeune enfant, pensant qu’il avait tout simplement attrapé un coup de soleil. Mais c’était bien le virus qui en était le responsable. » Dans la grande majorité des cas, la cinquième maladie reste bénigne chez l’enfant. « S’il est en bonne santé, c’est censé partir comme c’est venu. »

Quand consulter ?

« Face à toutes les pathologies de l'enfant, le médecin regarde son état clinique général. Même avec de la fièvre et les joues rouges, s’il a une attitude normale, cela ne nous inquiète pas. En revanche, s’il est très fatigué et pâle, cela devient préoccupant », considère le docteur Macchi Lam. Chez un enfant en bonne santé, cette infection virale ne nécessite généralement pas de traitement spécifique. « On donne éventuellement du Doliprane pour soulager la fièvre. Pour les boutons, pas de crème, car la rougeur disparaît d’elle-même. » Un diagnostic peut toutefois être confirmé par une prise de sang : « On recherche la présence d’immunoglobulines spécifiques au parvovirus B19 de type IgM ou IgG pour savoir s’il s’agit d’une infection récente ou ancienne. » La consultation devient en revanche impérative en cas d’apparition de purpura, un « signe d’alerte inquiétant » à ne pas négliger, chez l’enfant comme chez l’adulte. « Dans ce cas, on s'assure de l'absence de signes de méningite, une maladie grave qui peut donner un purpura, et on réalise un bilan sanguin pour vérifier si le taux de plaquettes n’est pas trop bas. » Autre cas de figure pour une consultation d’urgence : une pâleur intense, une respiration rapide, une fatigue extrême, ou des malaises. Autant de symptômes pouvant évoquer une anémie brutale.

Les profils d’adultes nécessitant une vigilance accrue

Enfin, si vous êtes enceinte, que vous avez des symptômes d’infection et l’impression que les mouvements de votre bébé diminuent, il faut voir un spécialiste très rapidement. Le docteur Macchi Lam alerte sur les profils d’adultes les plus à risque : les personnes immunodéprimées, celles présentant des troubles des globules rouges ainsi que les femmes enceintes. « Celle-ci est particulièrement exposée. Parce qu’être enceinte, c’est quand même avoir une petite immunodépression », explique-t-elle, soulignant le risque de transmission materno-fœtale. En effet, une infection pendant la grossesse, surtout avant 20 semaines, peut entraîner de graves complications pour le fœtus, comme des anémies sévères ou un œdème généralisé. Pour prévenir ces situations, elle recommande un dépistage précoce via une prise de sang recherchant les IgG du parvovirus, afin de savoir si la patiente est immunisée. Les personnes immunodéprimées, quant à elles, sont exposées à un risque accru d’anémie, tout comme les individus souffrant déjà de pathologies des globules rouges, telles que des maladies rares comme la drépanocytose ou la thalassémie, le virus attaquant directement ces cellules. Si ces formes restent généralement transitoires, le médecin insiste sur la nécessité d’identifier ces profils à risque et d’éviter toute exposition, même si des traitements peuvent être envisagés dans certains cas.

Limiter la propagation et protéger les personnes à risque

Face à la cinquième maladie, la vigilance et la communication sont essentielles. « Si vous avez un diagnostic et que vous avez vu des personnes à risque, il faut les prévenir », souligne-t-elle, notamment en cas de contact avec une femme enceinte, afin qu’elle puisse consulter rapidement un spécialiste. À la maison comme en collectivité, des mesures simples permettent de limiter la transmission : port du masque en présence de personnes fragiles, aération régulière des pièces et hygiène rigoureuse. Souvent bénigne, la cinquième maladie n’en reste pas moins une infection à surveiller, en particulier chez certains publics fragiles. Mieux connaître ses symptômes, ses modes de transmission et les profils à risque permet d’adopter les bons réflexes au bon moment.