Actualités sur la santé à Monaco
Retour

Filtrer par rubrique

Après les excès festifs, les bons réflexes nutritionnels pour bien commencer l’année

Recommandations

Après les excès festifs, les bons réflexes nutritionnels pour bien commencer l’année

Les fêtes mettent parfois à l’épreuve les capacités d’élimination de l’organisme. Mais inutile de se punir avec des régimes extrêmes : des ajustements nutritionnels ciblés suffisent souvent à relancer les mécanismes naturels du corps. Le docteur Killian, médecin généraliste, apporte son éclairage. MonacoSanté vous informe. 

Pourquoi se sent-on plus fatigué ou lourd après les fêtes ?

Repas copieux, abus de sucre ou d’alcool… Les excès des fêtes laissent parfois des traces. Plutôt que de se lancer dans une détox radicale, mieux vaut accompagner son corps intelligemment pour retrouver équilibre et vitalité en douceur. « Les repas festifs associent souvent plusieurs facteurs délétères lorsqu’ils sont répétés sur une courte période : alcool, graisses saturées, sucres rapides, plats riches et ultra-transformés », confirme le docteur Thomas Killian, médecin généraliste à Monaco. Plusieurs mécanismes expliquent la sensation de lourdeur et de fatigue que beaucoup peuvent éprouver après ces périodes intenses. Sur le plan physiologique, on peut constater une surcharge du foie, mais aussi un stockage accru des graisses, des pics répétés d’insuline, et plus globalement, un déséquilibre du microbiote intestinal. Dans ce contexte, de nombreuses personnes s’imposent une détox punitive. Une erreur à éviter absolument, selon le professionnel de santé. « Après des excès, certains adoptent des stratégies trop restrictives : jeûnes prolongés, suppression de groupes alimentaires entiers, cures drastiques. » Ces approches exposent à une fatigue, à une fonte musculaire, ainsi qu’à des carences micronutritionnelles. Elles peuvent également induire un effet yoyo ou des troubles du comportement alimentaire. « La meilleure stratégie reste la régularité et la modération, sur plusieurs semaines », insiste le docteur Killian. 

La détox : un mythe ou une réalité physiologique ?

En combien de temps le corps peut-il espérer retrouver l’équilibre ? « Notre foie possède une capacité de régénération remarquable lorsque les agressions cessent. Chez une personne en bonne santé, la digestion se normalise en quelques jours. Les marqueurs métaboliques s’améliorent en deux à quatre semaines », explique le médecin généraliste. Le début d’année rime avec bonnes résolutions et, pour certains, la détox du corps s’impose comme une évidence. Mais est-ce réellement possible ? « La détoxification n’est pas un concept marketing : c’est un processus biologique fondamental, principalement assuré par le foie, les reins et l’intestin. En revanche, ce qui relève du mythe, c’est l’idée que le corps aurait besoin d’être nettoyé ou que notre foie serait incapable de fonctionner sans aide », précise le docteur. Celui-ci indique qu’une cure rapide ne pourra jamais effacer des excès prolongés. L’enjeu réel n’est donc pas de détoxifier mais de « réduire la charge toxique et de soutenir les capacités naturelles d’adaptation de l’organisme ». Le foie, organe central de l’élimination, transforme les substances toxiques — comme l’alcool, les médicaments, ou les polluants — en composés éliminables. De leurs côtés, les reins filtrent et éliminent ces déchets par les urines, tandis que l’intestin participe à leur évacuation via les selles. Enfin, le microbiote intestinal contribue activement à la neutralisation de certains composés. « Ces systèmes fonctionnent en synergie et nécessitent une alimentation adaptée, une hydratation suffisante et une activité physique régulière », souligne le docteur Killian.

Que manger après les fêtes pour aider son organisme ?

Parmi les aliments à privilégier figurent notamment : les légumes riches en fibres et composés amers comme l’artichaut, le radis noir, la roquette ou l’endive ; les légumes crucifères tels le brocoli, le chou, ou le chou-fleur ; les fruits peu sucrés et riches en polyphénols comme les pommes, les fruits rouges ou le kiwi ; les bonnes graisses à l’image de l’huile d’olive ou les poissons gras, riches en oméga-3. A l’inverse, certains aliments sont à limiter temporairement : l’alcool — « idéalement une pause complète de quelques semaines » — ; les sucres raffinés et produits ultra-transformés ; les graisses saturées en excès ; l’association répétée de féculents, d’alcool et de desserts. Durant ces périodes, « une hydratation suffisante est indispensable au fonctionnement des reins et de l’intestin ». Outre l’eau, il est possible d’opter pour des tisanes à base de plantes hépato-digestives afin de soutenir la digestion et la fonction biliaire. « En revanche, les cures de jus apportent peu de protéines et de fibres. Elles peuvent induire des pics glycémiques et ne remplacent pas une alimentation équilibrée. Elles ne sont donc pas nécessaires dans une stratégie de récupération post-excès », tranche le médecin généraliste.

Plantes et micronutrition au service de l’organisme

« Sans les remplacer, certaines plantes et micronutriments peuvent soutenir les voies physiologiques de détoxification. Leur intérêt est maximal dans le cadre d’une alimentation équilibrée, et non en substitution », considère le docteur Killian. Quelles plantes médicinales peuvent agir sur le bien-être de l’organisme ? « L’artichaut (Cynara scolymus) stimule la sécrétion biliaire et améliore la digestion des lipides. Le radis noir (Raphanus sativus niger) soutient la fonction biliaire. Le curcuma (Curcuma longa) possède des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. Le desmodium peut être utilisé en soutien hépatique, notamment en cas de surcharge médicamenteuse. Enfin, le chardon-marie, riche en silymarine, agit en protection des hépatocytes (cellules du foie). » Spécialiste de la micronutrition, le praticien monégasque recommande également certains micronutriments clés : les vitamines du groupe B, le zinc et le sélénium — « impliqués dans les systèmes enzymatiques antioxydants » —, le magnésium pour le métabolisme énergétique, ainsi que les acides aminés soufrés. Conclusion : plus qu’une détox express, le vrai retour à l’équilibre passe par des choix simples, durables et respectueux du corps.